Yellowstone, l’homme manque-t-il aux bisons ? 

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Mon dernier séjour photo date du mois de février dernier, c'est assez récent et pourtant cela semble être une éternité !

Tant de choses se sont passées depuis. A cette époque, nous sommes partis dans le plus vieux parc national du monde sans pouvoir imaginer une seule seconde ce qui allait se passer par la suite. Nous avons parcouru le parc de Yellowstone à la recherche de sa faune et de ses magnifiques paysages enneigés. Pas si enneigés que ça d'ailleurs, car il n'a pas fait très froid cette année. Un peu comme partout dans le monde semble-t-il ? Faut-il y voir un signe ? Nous y avons trouvé de nombreux animaux, tous plus fascinants les uns que les autres, ainsi que des paysages à couper le souffle et d'une grande diversité. Bref, tout ce qu'il faut à un photographe de nature pour pouvoir s'exprimer et s'extasier. Les bisons, véritables stars de Yellowstone, sont chez eux et ils le font savoir. Nous avons dû à maintes reprises stopper la voiture et passer de longues minutes à attendre qu'ils veuillent bien s'écarter pour nous permettre de continuer notre chemin. Il est en effet plus facile pour eux aussi, de se déplacer sur une route dure et dégagée plutôt que dans un mètre de neige fraîche !

J'ai fait cette image alors que nous passions tout près de l'un d'entre eux, à un moment où le troupeau a bien voulu nous laisser passer. Quelle émotion que de croiser un tel regard ! Alors qu'il pourrait d'un seul coup de tête anéantir notre véhicule, il se pousse délicatement et accepte de partager son espace avec nous, pauvres petits hommes qui avons failli faire disparaitre son espèce il y a quelques décennies.

Pourquoi cette tolérance ? Pourquoi ce pardon ? On ne le saura jamais mais merci à eux de nous accepter sur leur territoire, merci pour ce partage, quelle leçon de vie. Aussi, aujourd'hui que l'espèce humaine ne va pas très bien, je ne peux m'empêcher de songer, en revoyant cette photo de ce regard et de cette voiture qui se reflète dans son œil : qu'en pense-t-il ? Est-il heureux de notre situation, est-ce une aubaine pour lui et ses congénères ? Ou au contraire, est-il malheureux de ne plus voir personne ? Déprimé, triste peut-être, qui sait ? Sans aller jusque-là, et sans anthropomorphisme excessif, il est évident que l'arrêt brutal et quasi total de nombreuses activités humaines est bénéfique à la nature. Ce ne sera peut-être qu'un petit répit pour la planète et la biodiversité, mais au de-là de ça, espérons que l'homme saura en tirer les conséquences, et qu'il profitera de cette épreuve pour comprendre et admettre enfin, qu'il est intimement lié à la nature et que vivre en harmonie avec elle, n'a rien d'une fantaisie, mais est une nécessité absolue.


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